dimanche 23 février 2014

HSF 3: Pink

Les photos et la déscription sont en retard, même si la jupe a été finie à temps. Durant une semaine à Loèche-les-Bains, pas d'accès Internet...

Pictures and description are late, even if the challenge was finished in time: I spent one week in the mountains without Internet access.

Comme je n'ai pas réussi à coudre le tweed, j'ai décidé de faire uen jupe crayon du style des annèes 40 avec des petites poches roses. La doublure est également rose. Les premières jupes crayon étaient des créations Dior de 1940.




As I did not succeed in sewing the tweed, I made a classical pencil skirt in style of 1940 with pink pockets and lining. The first pencil skirts were created in 1940 by Christian Dior.

The Challenge: #3 Pink

Fabric: Wool for the skirt, cotton for the lining

Pattern: A vogue pattern, altered by me 


Year: Ca. 1940


Notions: polyester and cotton thread in black and pink, a metal zipper

How historically accurate is it? Not sure, mayn examples for pencil skirts are bit later.

Hours to complete: around 20.... including adapting the pattern and sewing the pockets which were tricky.

First worn: on the 15th of february for my mothers 71th birthday.

Total cost: around 60 € for the beautiful fabric.

lundi 10 février 2014

Rien à voir avec la couture


Avoir un adolescent épileptique....

En fait, la vie était si belle avant que la foudre frappe. C’était juste un ado normal avec lequel on se dispute 24 heures par jour, sept jours par semaine pour qu’il range ses affaires, mette la table, fasse ses devoirs… La normalité, quoi.

Et j’exagère : en fait, j’ai un ado très chouette sous la main, un qui fait les choses bien, qui réussit à l’école même, qui est poli, le genre qu’on vous envie. Il avait 14 ans quand la vie lui a joué un sale tour. Je me souviens de cette journée quand son père m’a appelé (et oui, on est divorcé comme le sont les parents modernes) pour me dire qu’il avait fait « une sorte de malaise »

J’ai foncé à l’hôpital. Et le mot « crise d’épilepsie » est tombé très vite. Mais on verra.

On analyse, on regarde on le branche sur EEG, on mesure, on se questionne :
Est-ce que c’est sa méningite qu’il a eu bébé qui l’a rendu malade ?
Est-ce que cette crise sera la seule ?
Est-ce que c’est la faute au divorce ? Au traumatisme ?
Est-ce qu’il va mourir ? Etre malheureux ? Pouvoir vivre normalement ?
Est-ce qu’il a mal ? Est-ce qu’il est triste ? 

On essaie de sourire avec une boule au ventre, on lit des livres et on espère que ce sera la seule crise, qu’il ira bien que c’est juste l’adolescence qui va revenir.

On apprend les restrictions, qu’il ne doit pas aller dans l’eau seule, attention lors d’activités sportives, attention aux écrans, sommeil régulier.

Et on espère. Bien sûr. C’est mon enfant, j’ai envie qu’il aille bien, qu’il vive bien, qu’il soit heureux, beau, tout ce qu’on veut. J’ai envie d’être malade à sa place. Alors, comme après la première crise, longtemps c’est calme, on espère aussi qu’il n’y en aura pas d’autres.

Et l’espoir c’est un salaud. Il vous leurre, il vous promet des monts et merveilles, il vous berce d’illusions.   Et puis, au moment crucial, il vous lâche. Un autre téléphone, un autre jour, une autre crise.  D’autres examens. Qui promettent de l’espoir. Encore déçue. Le jour, quand on trouve son enfant couché par terre, secoué, gémissant – qui ne se souvient de rien après. Le jour quand il s’écroule à l’école.

On avait averti les profs, les amis, et pourtant au moment quand tout s’effondre peu de gens réagissent juste. Moi non plus d’ailleurs.

Quand le téléphone sonne à l’improviste, il y a toujours une petite peur au ventre. Quand il a mal à la tête. On n’arrive plus à passer une soirée détendue devant la télé, parce qu’il ne doit pas se coucher tard. Si jamais, il se couche plus tard que prévu, les remords et toujours un peu peur.

On commence un traitement. Encore de l’espoir, encore salaud.

Un long moment sans crises, on se dit que ça marche et boum, on se prend une gifle en pleine figure.

Et lui dans tout ça : pas facile d’avoir 15 ans et de voir que ta vie se dérobe sous tes pieds, que tu n’es pas celui que tu pensais être que tu ne peux pas être comme tout le monde. Ne pas en parler. Comme ça, c’est comme si le temps s’était arrêté avant ce samedi en avril et puis tout était normal. On n’ose plus le laisser seul.

Mon fils a 15 ans. Il fait des crises de temps à autres, tous les deux mois environ. On pourrait dire que c’est rien ou presque. Que c’est idiot de vivre en fonction de ces quarts- d’heure qui arrivent si rarement. Et nous ne vivons pas en fonction de ça, en tout cas pas uniquement. Mais c’est toujours là, tout le temps, en toile de fonds, omniprésent.

 Donc, oui, c’est comme la foudre. Là où elle a frappé, rien ne pousse tout à fait comme avant.

On pleure un bon coup, on se relève, on continue.